Programme N°
36452626001
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240
Respecter les critères de qualité de la coloscopie - Septembre 2026
Session 26.002 :
Du 14/09/2026 au 28/12/2026

Médecins Hépato-gastro-entérologues
224 : Bonnes pratiques des examens en endoscopie digestive
798€
En France, le cancer colorectal se situe au 3ème rang (20% de tous les cancers) après le cancer de la prostate et celui du sein (1). Le nombre de nouveaux cas estimés en 2018 était de 43 000 cancers colorectaux avec 65% de localisation colique (1). Il représentait la 2ème cause de mortalité par cancer avec 17 000 décès en 2018. Tous stades confondus, la survie à 5 ans du cancer du côlon est d’environ 63% (1) . On estime que 60-80% des CCR se développent à partir d’une tumeur bénigne ou polype (adénomateuse ou festonnée). La transformation d’un adénome vers un CCR invasif (séquence adénome-cancer) s’effectue sur une période de plusieurs années, classiquement 10 à 15 ans, parfois plus rapidement pour la voie festonnée (2–4).
La qualité des comptes-rendus de la coloscopie
La coloscopie, à la fois outil diagnostique et thérapeutique, est un gold-standard pour la détection et l’exérèse des adénomes colorectaux et des CCR à un stade précoce. L’exérèse complète des lésions précancéreuses adénomateuses est associée à une diminution de l’incidence et de la mortalité spécifique du CCR (5-6-7) Deux études Françaises récentes ont montré que les comptes rendus des coloscopies n’étaient pas complets dans environ 1/3 des cas (8, 9 ). Dans un premier travail l’objectif était de décrire la qualité du compte-rendu de coloscopie dans une population de sujets à risque moyen de CCR participant au programme Parisien de dépistage organisé du cancer colorectal par FIT entre 2015 et 2018. La population finale de l’étude était de 4001 coloscopies. Dans ce travail, les comptes-rendus de coloscopie étaient considérés comme satisfaisants dans 73,6%. Dans une deuxième étude de Noel et al. ( 9), portant sur la qualité du compte-rendu de coloscopie dans le cadre du dépistage du cancer colo-rectal du Finistère, 64,2% des comptes rendus étaient jugés comme satisfaisants. La description des lésions n’était pas optimale, la taille des lésions était décrite dans 86 %, la forme dans 63%, la terminologie standard adaptée dans 2,5 %. D’autre part, certains éléments étaient peu souvent renseignés, l’évaluation de la qualité de la préparation par le score de Boston (58%), le temps de retrait du coloscope (8%), la preuve écrite de l’atteinte du bas fond-caecal (62%).
Cependant, le score de boston est le critère de qualité per opératoire le plus important. La préparation colique doit permettre une visualisation optimale de la muqueuse sur la totalité du cadre colique. On utilise généralement une échelle visuelle pour évaluer la propreté du côlon. Les critères de qualité per-opératoires les plus importants sont : le temps de retrait moyen, la complétude de la coloscopie (visulaisation du caecum) et la description précise des polypes. Le temps de retrait moyen supérieur à 6 mn est un critère de qualité pour la détection des polypes recto-coliques. Il a été montré que si le temps de retrait était inférieur à 6 mn , le risque d’adénome manqué et de cancer d’intervalle augmentaient. Le taux de coloscopie complète menée jusque dans le caecum est également un critère de qualité de la coloscopie, il doit en principe atteindre un taux moyen de 90%.
Indication des coloscopies pour la surveillance après polypectomie
Afin d’améliorer la prise en charge du dépistage du CCR et de la surveillance des patients après un polypectomie, les sociétés savantes françaises et européennes ont publié des recommandations (10 , 11). Ces recommandations définissent l’intervalle des coloscopies en fonction des données de la coloscopie ( taille et nombre des polypes) mais également de l’analyse histologique des polypes ( présence ou non de dysplasie de haut grade et de contingent villeux).
Une étude récente a analysé le niveau de connaissance du dépistage du CCR dans une cohorte nationale de médecins américains et a montré que seuls 22 % et 37 % d'entre eux ont répondu correctement à toutes les questions relatives au dépistage et à la surveillance, respectivement ( 12). Une autre étude a fait état de lacunes dans le respect des recommandations en matière de surveillance chez les gastro-entérologues américains, 40 % d'entre eux n'ayant pas répondu correctement à des scénarios cliniques hypothétiques. Fait remarquable, 12 % des gastroentérologues ont admis avoir des difficultés à se souvenir des recommandations (13). Les technologies mobiles jouent un rôle important et croissant dans les soins aux patients et pourraient contribuer à atténuer ces lacunes ( 14 ). En fait, près de 90 % des participants à une étude antérieure ont déclaré qu'ils utiliseraient une application sur smartphone pour les aider à formuler des recommandations appropriées et conformes aux lignes directrices pour le dépistage et la surveillance du cancer colorectal (12 ). Une étude récente publiée en 2025 (15) a montré qu’une application mobile de dépistage et de surveillance du cancer colorectal a été remarquablement acceptée et adoptée par les professionnels de santé. La mise en œuvre correcte des recommandations actualisées, facilitée par l'utilisation de l'application médicale , pourrait considérablement réduire le nombre de coloscopies de dépistage et de surveillance post-polypectomie inutiles, et aider à d'identifier les patients à haut risque qui nécessitent une surveillance intensive (15 ). En effet, une surveillance trop rapprochée peut être à l’origine d’une difficulté d’accès aux soins pour d’autres patients, d’une augmentation des coûts de santé, mais peut surtout exposer le patient à des risques injustifiés. A l’inverse, un contrôle endoscopique trop tardif exposerait le patient à un risque augmenté de cancer d’intervalle.
Évaluation de la performance de la coloscopie par le gastroentérologue.
Le taux de détection des adénomes (TDA), représentant le pourcentage de coloscopies avec au moins un adénome retrouvé, quelle que soit sa taille, est considéré comme l’un des meilleurs marqueurs de performance individuelle d’un endoscopiste puisqu’il a été montré qu’il était inversement proportionnel au risque de PCCRC (16 ,17) et au risque de mortalité par CCR (17,18 ). La constatation que le risque de cancer colo-rectal d’intervalle était opérateur-dépendant a conduit de nombreux pays, en particulier le Royaume-Uni (19 ) et les Pays-Bas (20 ), à mettre en œuvre des programmes d’assurance qualité avec pour objectif d’améliorer le niveau de qualité et de sécurité des coloscopies.
A la fin de la formation, l’apprenant sera capable de :
La formation se déroule en présentiel et sur la plateforme de formation du CEFA-HGE avec des outils de communication permettant d’échanger à tout moment entre les apprenants et avec les enseignants. Le parcours se présente en 4 parties consécutives :
Cette action de DPC est proposée pour tous les gastroentérologues exerçants.
Nos experts vous guident dans votre projet de montée en compétences.
Accessibilité aux personnes en situation de handicap : n'hésitez pas à nous contacter pour que nous puissions répondre à vos besoins spécifiques
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Tél : +33 (0)6 28 68 06 57 secretariatcefa@gmail.com

En France, le cancer colorectal se situe au 3ème rang (20% de tous les cancers) après le cancer de la prostate et celui du sein (1). Le nombre de nouveaux cas estimés en 2018 était de 43 000 cancers colorectaux avec 65% de localisation colique (1). Il représentait la 2ème cause de mortalité par cancer avec 17 000 décès en 2018. Tous stades confondus, la survie à 5 ans du cancer du côlon est d’environ 63% (1) . On estime que 60-80% des CCR se développent à partir d’une tumeur bénigne ou polype (adénomateuse ou festonnée). La transformation d’un adénome vers un CCR invasif (séquence adénome-cancer) s’effectue sur une période de plusieurs années, classiquement 10 à 15 ans, parfois plus rapidement pour la voie festonnée (2–4).
La qualité des comptes-rendus de la coloscopie
La coloscopie, à la fois outil diagnostique et thérapeutique, est un gold-standard pour la détection et l’exérèse des adénomes colorectaux et des CCR à un stade précoce. L’exérèse complète des lésions précancéreuses adénomateuses est associée à une diminution de l’incidence et de la mortalité spécifique du CCR (5-6-7) Deux études Françaises récentes ont montré que les comptes rendus des coloscopies n’étaient pas complets dans environ 1/3 des cas (8, 9 ). Dans un premier travail l’objectif était de décrire la qualité du compte-rendu de coloscopie dans une population de sujets à risque moyen de CCR participant au programme Parisien de dépistage organisé du cancer colorectal par FIT entre 2015 et 2018. La population finale de l’étude était de 4001 coloscopies. Dans ce travail, les comptes-rendus de coloscopie étaient considérés comme satisfaisants dans 73,6%. Dans une deuxième étude de Noel et al. ( 9), portant sur la qualité du compte-rendu de coloscopie dans le cadre du dépistage du cancer colo-rectal du Finistère, 64,2% des comptes rendus étaient jugés comme satisfaisants. La description des lésions n’était pas optimale, la taille des lésions était décrite dans 86 %, la forme dans 63%, la terminologie standard adaptée dans 2,5 %. D’autre part, certains éléments étaient peu souvent renseignés, l’évaluation de la qualité de la préparation par le score de Boston (58%), le temps de retrait du coloscope (8%), la preuve écrite de l’atteinte du bas fond-caecal (62%).
Cependant, le score de boston est le critère de qualité per opératoire le plus important. La préparation colique doit permettre une visualisation optimale de la muqueuse sur la totalité du cadre colique. On utilise généralement une échelle visuelle pour évaluer la propreté du côlon. Les critères de qualité per-opératoires les plus importants sont : le temps de retrait moyen, la complétude de la coloscopie (visulaisation du caecum) et la description précise des polypes. Le temps de retrait moyen supérieur à 6 mn est un critère de qualité pour la détection des polypes recto-coliques. Il a été montré que si le temps de retrait était inférieur à 6 mn , le risque d’adénome manqué et de cancer d’intervalle augmentaient. Le taux de coloscopie complète menée jusque dans le caecum est également un critère de qualité de la coloscopie, il doit en principe atteindre un taux moyen de 90%.
Indication des coloscopies pour la surveillance après polypectomie
Afin d’améliorer la prise en charge du dépistage du CCR et de la surveillance des patients après un polypectomie, les sociétés savantes françaises et européennes ont publié des recommandations (10 , 11). Ces recommandations définissent l’intervalle des coloscopies en fonction des données de la coloscopie ( taille et nombre des polypes) mais également de l’analyse histologique des polypes ( présence ou non de dysplasie de haut grade et de contingent villeux).
Une étude récente a analysé le niveau de connaissance du dépistage du CCR dans une cohorte nationale de médecins américains et a montré que seuls 22 % et 37 % d'entre eux ont répondu correctement à toutes les questions relatives au dépistage et à la surveillance, respectivement ( 12). Une autre étude a fait état de lacunes dans le respect des recommandations en matière de surveillance chez les gastro-entérologues américains, 40 % d'entre eux n'ayant pas répondu correctement à des scénarios cliniques hypothétiques. Fait remarquable, 12 % des gastroentérologues ont admis avoir des difficultés à se souvenir des recommandations (13). Les technologies mobiles jouent un rôle important et croissant dans les soins aux patients et pourraient contribuer à atténuer ces lacunes ( 14 ). En fait, près de 90 % des participants à une étude antérieure ont déclaré qu'ils utiliseraient une application sur smartphone pour les aider à formuler des recommandations appropriées et conformes aux lignes directrices pour le dépistage et la surveillance du cancer colorectal (12 ). Une étude récente publiée en 2025 (15) a montré qu’une application mobile de dépistage et de surveillance du cancer colorectal a été remarquablement acceptée et adoptée par les professionnels de santé. La mise en œuvre correcte des recommandations actualisées, facilitée par l'utilisation de l'application médicale , pourrait considérablement réduire le nombre de coloscopies de dépistage et de surveillance post-polypectomie inutiles, et aider à d'identifier les patients à haut risque qui nécessitent une surveillance intensive (15 ). En effet, une surveillance trop rapprochée peut être à l’origine d’une difficulté d’accès aux soins pour d’autres patients, d’une augmentation des coûts de santé, mais peut surtout exposer le patient à des risques injustifiés. A l’inverse, un contrôle endoscopique trop tardif exposerait le patient à un risque augmenté de cancer d’intervalle.
Évaluation de la performance de la coloscopie par le gastroentérologue.
Le taux de détection des adénomes (TDA), représentant le pourcentage de coloscopies avec au moins un adénome retrouvé, quelle que soit sa taille, est considéré comme l’un des meilleurs marqueurs de performance individuelle d’un endoscopiste puisqu’il a été montré qu’il était inversement proportionnel au risque de PCCRC (16 ,17) et au risque de mortalité par CCR (17,18 ). La constatation que le risque de cancer colo-rectal d’intervalle était opérateur-dépendant a conduit de nombreux pays, en particulier le Royaume-Uni (19 ) et les Pays-Bas (20 ), à mettre en œuvre des programmes d’assurance qualité avec pour objectif d’améliorer le niveau de qualité et de sécurité des coloscopies.
A la fin de la formation, l’apprenant sera capable de :
La formation se déroule en présentiel et sur la plateforme de formation du CEFA-HGE avec des outils de communication permettant d’échanger à tout moment entre les apprenants et avec les enseignants. Le parcours se présente en 4 parties consécutives :